Même en allant jusqu’au bord du monde, personne ne pourra lui échapper,

et pourtant, on ne peut s'empêcher d’aller jusqu’à la lisière du monde.

...là, tu deviendras quelqu’un d’autre et tu deviendras aussi autre chose ....

tu te trouves dans un autre endroit.

Un lieu, ni ceci ni cela, offert au vide sans jugement, une idée vague entre les fronts, presque comme un mirage.

D’arracher ce volatile au moment fugace pour lui donner de la durée, c’est

l’appel et le besoin d'ordonner, de structurer.

Cercles formés en groupes, en dialogue,

parfois distribués avec l’esprit léger,

comme une poignée de perles, parfois denses comme le son de la corne d'un navire lointain, ou une odeur de la brume matinale.

Les cercles se déplacent en danse ralentie et continue,

et nous -

maisons, arbres,  animaux et humains, transportés dans leurs miroirs –

oscillons avec,  sur une surface mince.

Qu’il soit protection et distance en même temps, le contact peau à peau –
là où les pointes de coquilles brisent la, surface de l’eau, sa peau se soulève tendrement.

L`image du propre corps, ridé dans les vagues,
un pressentiment de s
a propre existence.
La vie n'est pas ce que nous vivons, c'est ce que nous imaginons
de vivre.

Les coquilles soulevées du sol et amenées à flotter, calme ordonné,

comme si la surface de l'eau était trop fragile pour nager contre le remous, entre les miroirs.

Tout comme on voit un visage dans la lune, voici une tentative pour voir l'âme.

 

EVA DUCRET

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